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SOS Pannes de désir!

Après la pilule bleue, voici la pilule rose. Les entreprises pharmaceutiques nous le promettent: le Viagra féminin, c’est pour demain.

«Booster» nos libidos défaillantes, grâce à un médicament miracle, c’est là-dessus que fantasment les industriels de la pharma. A n’en pas douter cette «pilule du désir», pendant du Viagra masculin, en comblerait plus d’une. Quant aux laboratoires qui la commercialiseront, ils sont assurés de décrocher le jackpot. Selon des chiffres américains et français, entre 43 et 46% de femmes reconnaissent souffrir de dysfonctionnement sexuel. C’est dire, s’il y a un marché à conquérir!

La pilule du plaisir


En Allemagne, les laboratoires Boehringer semblent avoir une bonne longueur d’avance sur leurs concurrents. Ils en sont aujourd’hui à la phase d’essai d’une pilule à base de flibansérine. Cette molécule, qui agit sur le système nerveux central et plus particulièrement sur la sérotonine, est censée faire grimper aux rideaux les plus réfractaires à la chose. «Pas si sûr, tempère Antoinette Liechti Maccarone, psychothérapeute, sexologue et collaboratrice de Générations Plus. Au départ, la flibansérine a été conçue pour être un antidépresseur, qui n’a pas prouvé beaucoup d’effets dans ce domaine, mais qui en revanche a eu des répercussions positives sur le désir … de souris femelles. Il faut savoir que les médicaments de ce type se prennent tous les jours, sur le long terme, sans pour autant qu’on puisse garantir une véritable action chez la femme.»
Pour ceux qui l’ignoreraient encore: le mécanisme du désir sexuel féminin est extrêmement complexe. Il englobe des facteurs physiologiques, psychiques et émotionnels. «Il est en tout cas très différent du désir masculin. Chez l’homme, l’excitation est visible. Pour les femmes, tous les repères sont intérieurs. Malheureusement beaucoup d’entre elles ont peu développé leur ressenti interne, poursuit la sexologue. L’excitation sexuelle tout comme l’orgasme sont des réflexes, la femme ne peut pas décider d’en avoir ou non. Pour l’instant aucune pilule n’a de prise là-dessus. En revanche, la femme peut apprendre à s’approprier son corps en repérant ses sensations.»

Des besoins différents


Le désir au féminin revêt plusieurs formes. Au début d’une relation dans l’état amoureux, le besoin à combler est fusionnel et affectif. Pour beaucoup de femmes, le désir d’enfants se confond avec le désir sexuel. Le besoin de maternité est satisfait lorsque l’enfant est là. «Après l’accouchement, comme le dit la sexologue, c’est souvent la Bérésina!» Ça l’est pour celles qui n’ont pas développé le désir sexuel coïtal, le plus «abouti» qui trouve satisfaction dans l’acte sexuel complet avec pénétration.
Les pannes de libido apparaissent à des moments clés de la vie des femmes: après un accouchement et à la ménopause. Dans le cabinet d’Antoinette Liechti Maccarone, elles viennent de plus en plus nombreuses pour consulter. La tranche des 35 à 40 ans est ainsi particulièrement représentée. «Ces femmes sont inquiètes pour le futur, car elles n’ont plus de désir. Si elles affirment pouvoir se passer de sexe, ce n’est pas le cas de leur conjoint.» Qu’elles se rassurent un peu, de plus en plus d’hommes consultent eux aussi à cause d’une perte de désir sexuel et tant chez les unes que chez les autres, la solution ne se résume pas à une simple question chimique, mais bien à une harmonisation entre ce qui se passe au-dessus et au-dessous de la ceinture.

Mariette Muller

06.09.2009

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