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Faut-il avoir peur de l’anesthésie?

Elle protège le patient en diminuant le stress causé par la chirurgie. Le médecin qui pratique cette discipline est notre ange gardien... Explications du Dr François Ventura et témoignages de patientes.

Opérée pour la première fois à l’âge de 70 ans, Anne-Marie n’en revient pas. Malgré une importante intervention gynécologique, elle n’a rien senti, ni pendant, ni après. Pas la moindre nausée, pas de douleurs, pas d’effets secondaires. Emmenée au bloc opératoire à 8 heures du matin, elle mangeait de bon appétit à midi. Le lendemain, elle marchait. Cinq jours plus tard, elle avait repris ses activités.
Si l’habileté de son chirurgien y est pour beaucoup, ce petit miracle est avant tout le résultat d’une anesthésie rondement menée. «L’anesthésiste qui m’a vue la veille de l’opération m’avait conseillé une anesthésie rachidienne, en m’expliquant que je resterais lucide tout au long de l’intervention et que je pourrais écouter de la musique, explique Anne-Marie. Mais son confrère, qui m’a prise en charge le lendemain, m’a proposé, en plus de l’anesthésie rachidienne, une péridurale pour traiter les douleurs postopératoires, ainsi qu’une sédation pour me faire somnoler. En fait de somnolence, j’ai sombré dans un profond sommeil. Lorsque je me suis réveillée, je ne me souvenais de rien. J’ai appris par la suite qu’on m’avait injecté un hypnotique utilisé en anesthésie générale (Propofol) qui a un gros avantage: il combat les nausées.»

Ne pas confondre rachidienne et péridurale

«Le geste essentiel, celui qui se suffit à lui-même, c’est l’anesthésie rachidienne», explique le Dr François Ventura, anesthésiste à la Clinique de La Source, à Lausanne. Le médecin introduit une très fine aiguille entre deux vertèbres lombaires, dans le liquide céphalo-rachidien qui emplit le canal vertébral, et injecte au patient un anesthésique local (bupivacaïne).
«Cette technique est réservée aux opérations intervenant sur le bas du corps, dans les sphères gynécologique, urologique ou orthopédique. La prothèse de la hanche, par exemple, se pose sous anesthésie rachidienne ou générale. La péridurale ne suffit pas, mais peut s’utiliser en complément pour prolonger l’anesthésie et traiter la douleur postopératoire.»
Dans ce cas, on pose un cathéter dans l’espace péridural, à l’extérieur de la membrane qui entoure le liquide céphalo-rachidien. Ce petit tuyau reste en place après l’opération, permettant d’acheminer un produit analgésique si le malade souffre trop de retour dans sa chambre.

L’anesthésie générale, un sommeil en apnée

Les opérations qui interviennent au-dessus du nombril nécessitent, en revanche, une anesthésie générale, encore qu’il soit possible d’insensibiliser un bras localement.
Et c’est une tout autre affaire! Le patient est soumis à un puissant cocktail de médicaments: des hypnotiques (Propofol en intraveineuse ou gaz à inhaler) pour l’endormir, des analgésiques dérivés de la morphine pour l’insensibiliser à la douleur et des curares pour paralyser ses muscles.
Dans cet état d’inconscience, le patient cesse de respirer. Il doit donc être branché sur un appareil de respiration artificielle, qui envoie l’air dans les poumons par l’intermédiaire d’un tube introduit dans la gorge. L’intubation permet aussi d’éviter le passage dans les poumons de liquides gastriques, accident rare, mais gravissime. Elle entraîne aussi parfois des maux de gorge, très rarement des lésions dentaires ou une atteinte des cordes vocales. Trois effets secondaires parmi d’autres (lire ci-contre).

Anne Zirilli

02.08.2013

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