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Les secrets pour avoir de jolis pieds cet été

Ils sont boudés, oubliés et négligés durant l’hiver. Ils deviennent une préoccupation lorsqu’il est temps de mettre des sandalettes. De nombreuses femmes se ruent alors sur les soins cosmétiques et autres articles de pédicure pour retrouver de jolis pieds. Les podologues invitent toutefois à la prudence.

L’été est enfin arrivé. Du coup, vos pieds sont appelés à se dénuder et... catastrophe! Comment faire pour les montrer sous leur meilleur jour alors qu’on les a négligés durant la mauvaise saison? Les fabricants de produits cosmétiques ont évidemment bien compris les enjeux et ils rivalisent d’ingéniosité pour vous proposer des orteils dignes d’être livrés aux regards. Entre petits outils, pierres ponces, pansements et baumes, les grandes surfaces et pharmacies regorgent de propositions pour soigner ongles, ampoules, cors et autres durillons. Alors que dans les rayons parfumerie, les clientes se laissent tenter par des vernis à ongles ludiques ou élégants, qui se déclinent du vert au violet et du pailleté au mat.
L’ingéniosité des professionnels n’a pas de limite ou presque. En tapant «soin des pieds» sur internet, des millions de possibilités sont offertes sous forme de recettes, astuces et adresses. Des blogs sont le support de confidences révélatrices des préoccupations et tendances qui surgissent avec l’été. La fish pédicure et la chaussette exfoliante sont ainsi deux des quelques pratiques en vogue qui défraient la chronique et soulèvent la controverse.

Protection de l’homme ou de l’animal?

Connu depuis des décennies en Turquie, le fish peeling visait à la base à traiter le psoriasis ou l’eczéma. De nos jours, il devient une arme esthétique. Cette pratique consiste à confier ses pieds à des garra rufa, minuscules poissons qui grignotent les peaux mortes. Selon l’argumentaire, la voracité des petits animaux arriverait à bout des callosités, permettant d’obtenir «en quelques minutes une peau de nouveau-né», de manière «écologique.» Mais attention! Aujourd’hui, le fish SPA est interdit dans de nombreux Etats américains et au Canada. Et chez nous? Il est encore proposé, mais avec une grande insécurité quant à la salubrité de l’eau qui peut s’avérer un «bouillon de culture». «Il suffit d’une petite fissure ou plaie pour risquer une infection ou la transmission de maladies, s’insurge Martine Blaser-Menoud, présidente de la Société suisse des podologues. Mais en vacances, dans un milieu naturel, pourquoi pas?» La spécialiste précise cependant que ce type de pratique est absolument à proscrire pour les pieds fragiles. Pour sa part, Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal du canton de Vaud, n’est pas plus enthousiaste. «S’il n’y a pas d’interdiction en Suisse, l’Office vétérinaire fédéral a recommandé aux cantons de ne pas accorder d’autorisation aux établissements qui souhaitent utiliser ces poissons, en raison d’une instrumentalisation excessive de l’animal.»

«Pas très sexy»

Alors peut-on se laisser séduire par l’autre solution miraculeuse du peeling sans effort? Différentes marques proposent des chaussettes de gommage enduites d’un produit à base d’acide salicylique. On les porte durant 60 minutes et, environ une semaine plus tard, le processus d’exfoliation se met en marche. Peut-être «amusant pour des jeunes», le procédé n’emballe pas davantage la podologue qui le déconseille d’une manière générale, préconisant des gestes simples, mais réguliers (lire ci-contre). «Laisser agir le produit plus longtemps que prescrit peut se révéler excessivement astringent ou, forcément tentant, tirer sur les lambeaux qui se détachent est un vrai risque de se blesser», prévient-elle. Avant d’ajouter avec le sourire que «cette pelade durant plusieurs jours n’est pas très sexy.»

A qui confier ses pieds?

Petit retour en arrière. Bien avant la diffusion de ces deux méthodes, aux Etats-Unis, c’est autour de 1900 qu’un certain Dr Scholl s’est imposé jusqu’à devenir le leader mondial du soin et de la beauté des pieds. Dès ses études de médecine, le jeune homme – qui serait fils de cordonnier – est convaincu que les pieds douloureux ne sont pas une fatalité. Il commence par inventer et commercialiser des produits de pédicure avant, qu’au sein de son entreprise, ne soit conçue la fameuse sandale d’exercice. Faite d’une semelle de bois et de lanières de cuir, la chaussure connaît, dès les années soixante un succès inouï. Elle devient, et est restée, un réel accessoire de mode qui défile sur les promenades des plages les plus chics. A elle seule, l’histoire de ces soccoli incarnerait-elle le lien entre esthétique et santé?
Une mise en garde également. En Suisse, pédicure et podologue sont des professions qui se distinguent nettement. La première n’est pas protégée et elle regroupe un ensemble de praticiens aux formations très diverses qui ne s’occupent que de la beauté des pieds. Alors que les podologues sont des professionnels de la santé, ayant reçu une autorisation. Ils sont habilités à traiter les affections et à rechercher des solutions pour les pieds fragilisés, notamment en raison de pathologies. Martine Blaser-Menoud est cependant loin de rejeter l’intérêt de prendre soin de l’esthétique de ses pieds. Si certaines pratiques la fâchent, d’autres la séduisent.

Sophie Nedjar

27.08.2013

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